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BIENVENUE À L'ÉTOILE ROYALE !
L’Étoile Royale est une petite salle de spectacles très conviviale, comprenant un espace bar qui permet aux artistes et aux spectateurs de se rencontrer après chaque représentation. Depuis janvier 2007, la programmation théâtrale de l’Étoile Royale est assurée par Giorgio CARPINTIERI, directeur artistique de la compagnie SOLELUNA. Ce dernier a voulu créer un lieu de création et d'expérimentation, dans lequel des artistes et spectateurs d’horizons très différents puissent se retrouver autour d’une passion commune, le théâtre.
Il s'agit de proposer au public une dimension satyrique du théâtre, dans laquelle la digression, le surréalisme, le rire intelligent et la "folie esthétique" deviennent autant d'armes pour lutter contre l'isolement et le conformisme, pour porter ensemble un regard critique sur l'actualité, pour rendre la parole à l'homme de la rue par l'intermédiaire du comédien.

Photo Johann TROMPAT
L’ÉTOILE ROYALE : THÉÂTRE VIVANT... POUR LES VIVANTS !
« Dans ce pays – et tout particulièrement dans cette belle et bonne ville – on aime tellement les artistes, les auteurs dramatiques. Et même – si, si, je vous l’assure ! – les poètes. A une seule condition : qu’ils soient défunts ! A nos yeux, à nos oreilles, à notre âme, rien n’est plus céleste que le théâtre six pieds sous terre. « Tous les morts sont des braves types », chantait Brassens. Il aurait pu ajouter : « Et ils ont tous du talent ». L’art théâtral se doit d’être funéraire. C’est le chant des catacombes qui enchantent. C’est la comédie des squelettes qui fait rire. Et les sépulcres blanchis tirent des larmes qui, pour être de crocodile, n’en sont pas moins gorgées de sel, n’est-ce pas ? Il faut dire que nos génies disparus sont bien accomodants. Avec eux, pas de mauvaise surprise. Pas de remise en cause radicale. Pas de feux de bouche qui communique la révolte dans les coeurs. Il s'est éteint depuis belle lurette, le tumulte des émeutes qu'il ont semé de leur vivant. Bien rangés dans leur cercueil, bien au froid dans leur Panthéon, ils ne risquent plus de déranger le désordre établi. Ces morts-là ont du savoir-vivre, voyez-vous ! Voilà pourquoi, Madame la Marquise, votre fille est muette et que nos scènes privilégient les oeuvres du temps jadis.
Notre théâtre – l’Etoile Royale – rame résolument en sens inverse. Nous remontons Saône et Rhône à contre-courant. Nous y croisons beaucoup de cadavres que le fil de l’eau emporte vers la mer stagnante du prêt-à-penser. Et nous abordons, sans peur et sans reproche, la rive des vivants. Car le Théâtre de l’Etoile Royale est un théâtre vivant pour les vivants, par les vivants. Les oeuvres que nous jouerons pour vous seront le plus souvent nouvelles-nées. Leurs auteurs, dans la plupart des cas, font encore partie de notre monde. Leurs joies, nous les partageons; leurs peurs, nous les éprouvons; leurs colères, nous les ressentons. Ils sont au diapason de nos angoisses, de nos rires et de nos espérances. Le Théâtre de l’Etoile Royale se place résolument au service de ses contemporains. Il prend aussi le contre-pied de la sinistrose conformiste ambiante en donnant sa préférence à la comédie, à la satire, au genre ironique, plaisant et grinçant mais aussi au rêve, à la poésie, à la quête du Beau.
Ah le Beau, il a mauvaise presse, lui aussi ! Car la laideur est du dernier chic. Le style baveux, inconsistant, dissonant a remplacé le verbe harmonieux, clair, tranchant. Nous serons donc les chevaliers servants de l’élégance. La vraie. Pas celle qui empeste le patchouli des boutiques de fringues. L’élégance qui embaume le grand large. Celle de la prose qui a du souffle ; celle des poèmes qui ont du coffre. Celle du théâtre qui a de l’esprit. De l’esprit dans tous les sens du terme. L’esprit « spiritualité » qui élève le regard de l’humain de la terre vers le ciel. Et l’esprit « spirituel » qui déclenche les torrents du rire dévastateur et salvateur.En se plaçant hors mode, le Théâtre de l’Etoile Royale appartiendra pleinement à son temps. Cette étoile qui éclaire son nom sera désormais la vôtre. » Jean-Noël Cuénod2 février 2007

Photo Johann TROMPAT
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