TRILOGIE PIRANDELLO

 

 Trois pièces en un acte de Luigi Pirandello, en version originale italienne

ALL’USCITA À la sortie
À la sortie d’un cimetière, des morts se rencontrent. Ils ont quitté leurs corps en décomposition dans les tombes et, avant de disparaître définitivement, réfléchissent ensemble sur leur vie, sur les relations entre les sentiments et les réponses qu’ils attendent encore et qui continuent de les unir aux vivants.

L’UOMO DAL FIORE IN BOCCA La fleur aux lèvres
Le protagoniste est un homme atteint d’une tumeur (la fleur aux lèvres) et proche de la mort. Cet état le pousse à pénétrer le mystère de la vie pour essayer d’en saisir l’essence. Chaque chose, chaque détail, insignifiant aux yeux des autres, assume pour lui, qui sait la mort proche, une valeur et une situation différente. L’autre personnage est un client du café de la gare, où se déroule la scène ; un homme quelconque, que la monotonie et la banalité de la vie quotidienne ont rendu fade, plat et vide au point que le dialogue, entre lui et le protagoniste, finit par devenir un monologue, lorsque ce dernier lui révèle son terrible secret.

SOGNO, MA FORSE NO Je rêvais peut-être
Une charmante jeune femme, lassée de son amant, éprouve un nouvel attrait pour un ancien amoureux, qui s’était éloigné et qui revient, désormais richissime, de pays exotiques lointains. En rêve, ou plutôt dans un cauchemar, elle se voit étranglée par l’amant jaloux qui, dans la chair lisse de son cou, trace de ses mains un sillon livide comme une espèce de collier, bien différent de celui qu’elle avait admiré dans la vitrine d’un bijoutier.
Lorsqu’elle se réveille, soulagée d’être sortie du cauchemar, sa femme de chambre lui apporte une boite, envoyée par le riche voyageur, et contenant le collier tant admiré.
La jeune femme reçoit alors la visite de l’amant jaloux qui lui avoue son déplaisir de ne pouvoir lui offrir le collier de perles qu’elle désire, le bijoutier l’ayant déjà vendu… Ne faisant semblant de rien, la femme entame alors un dialogue qui semble parcourir à nouveau le chemin du rêve (ou pas…)

À partir de 12 ans (public italianophone)   –   Durée : 1h30

DISTRIBUTION

Mise en scène, décors et montage sonore : Giorgio Carpintieri
La femme tuée / La jeune femme : Aude Carpintieri
L’homme gras / Le client / L’homme en frak : Giorgio Carpintieri
Le philosophe / L’homme la fleur aux lèvres / Le serviteur : Luigi Valentini
Costumes : Milena Tusa,  Création lumière : Frank Demaret

L’INTENTION

La fleur aux lèvres, A la sortie,  Je rêvais (peut-être), sont des pièces en un acte dans lesquelles Luigi Pirandello explore un monde intérieur où l’immanence de la morte est le grand protagoniste. Cette immanence est déclinée sous des formes différentes, allant de sa réalité concrète, celle du cimetière de A la sortie, jusqu’à l’avenir tout proche de L’homme, la fleur aux lèvres et en passant par le rêve.
Quelle réalité vivons-nous ? Celle de nos constructions subjectives, celle imaginée par autrui ou celle qui transcende la concrétude de l’existence. Ce sont des thèmes récurrents chez Pirandello et qui agissent comme autant de leviers dans sa dramaturgie.
J’ai voulu articuler la mise en scène autour des « non-dits », des pensées non extériorisées, des ambiguïtés des dialogues interrompus, où la pensée reste suspendue pour se dissoudre dans l’imaginaire. Une scène dépouillée, sans re-visitations d’une œuvre, que j’essaie de respecter avec l’attention de l’observateur de ce monde surréaliste, qui seul met en lumière la profondeur de l’âme humaine.
Respect du texte et de sa haute valeur littéraire. Un texte de Pirandello est comme une poésie que l’on pénètre par le cœur, sans artifices, mais simplement en aimant les personnages et les situations auxquelles il faut donner existence dans la courte vie de la virtualité théâtrale.
Plutôt que de créer des effets objets de la recherche linguistique et du langage de l’imagerie, je préfère travailler dans un laboratoire avec les comédiens, à la recherche patiente de la nature profonde du théâtre de Pirandello. Beaucoup de choses ont été dites sur Pirandello et son œuvre, avec les comédiens, j’essaie de me faire transporter dans son monde, sans nostalgie, sans jugement, mais avec la ferme volonté d’en dévoiler une partie au public.
Giorgio Carpintieri

L’AUTEUR

Écrivain italien, poète, nouvelliste, romancier et dramaturge, Luigi Pirandello naît le 28 juin 1867 à Agrigente en Sicile et meurt à Rome le 10 décembre 1936. Son œuvre a été récompensée par le Prix Nobel de littérature en 1934.
L’histoire de la littérature reconnaît surtout en Pirandello le dramaturge. Il n’a vraiment réussi au théâtre qu’à la cinquantaine. Il pensait que ce genre ne devait être qu’une parenthèse dans son œuvre. Et pourtant il publie en 1917 ses premières grandes pièces : Chacun sa vérité et La volupté de l’Honneur et ensuite C’était pour rire (1918), Tout pour le mieux (1919), L’Homme, la bête et la vertu (1919). Après un échec cuisant à Rome en mai 1921, Six personnages en quête d’auteur triomphe en septembre à Milan et, la même année, la pièce sera jouée à New York. Henri IV en 1922 est un succès. À Paris, Charles Dullin met en scène dès 1922 La Volupté de l’honneur et Georges Pitoëff Six Personnages en quête d’auteur dont la première a lieu en 1923 en présence de l’auteur.